551b2370db15c6d900b823128baf5593.jpgL'évacuation

Dans la plupart des scénarios de catastrophe, on envisage l'évacuation du domicile. Pour la plupart, c'est la solution ultime mais aussi la meilleure.

Mais qu'est-ce que ça implique en réalité?
On prend un sac à dos et on part tout simplement? Ça n'est pas aussi simple!

Avant de songer à évacuer son domicile, il faut tenir compte d'un tas de facteurs:

  • le nombre de personnes à évacuer (la plupart vivent avec leurs familles)
  • la durée de l'évacuation
  • les animaux domestiques
  • les besoins particuliers
  • le lieu d'évacuation
  • la distance vers ce lieu d'évacuation
  • les routes à suivre et les routes alternatives
  • les vivres et l'eau

46750bba9b9eebe45746813e59346c7b.jpgLe besoin d'évacuer

La plupart des gens seront d'accord pour convenir qu'on évacue suite à une catastrophe. Que la catastrophe soit personnelle (incendie de la demeure), locale (tornade) ou régionale (guerre, tremblement de terre), il vient un temps où il faut quitter la demeure soit définitivement, soit temporairement.

Faut-il vraiment évacuer?

C'est LA question!
Évidemment, chaque personne a son avis sur la question et tous les avis sont respectables. Chacun a ses priorités et chacun a ses contraintes.
Voici un fait vécu: une famille composée de l'homme, de la femme, des 3 enfants et d'animaux (chiens et chats) étant partie en voyage (les animaux étaient en pension), a eu la mauvaise surprise de découvrir qu'il n'y avait plus d'électricité dans la maison. les aliments du frigos étaient évidemment pourris, idem pour ce qu'il y avait dans l'énorme congélateur. Un problème dans la boite électrique. Ça aurait pu être pire: un incendie de la maison. Ils ont tenté de replacer des fusibles et de remettre le courant mais la boite crépitait et ils voyaient d'inquiétantes étincelles.... Hors de question de remettre l'électricité dans ces conditions.
Ils se sont retrouvés en plein été sans électricité, en période de canicule. N'étant pas riches et revenant d'un voyage qui avait coüté quand même de l'argent, ils n'avaient pas les moyens de remplacer la boite électrique immédiatement.
Après de longues discussions, ils ont décidé d'emprunter le chalet d'un ami. Après quelques jours, personne n'était satisfait: ils n'étaient pas dans leur environnement. 
Ils décidèrent donc de retourner à la maison après avoir acheté des lampes fonctionnant avec des batteries, deux petits poele au butane "Martin" qu'ils possédaient déjà, une glacière qu'ils remplissaient avec de la glace produite par un parent habitant pas trop loin (et qui ne pouvait recueillir tout ce monde).

Ça a duré 3 semaines, le temps d'amasser l'argent pour remplacer la boite électrique. Il faut dire que cette famille n'aime pas s'endetter, ce qui est très sage.

Ils avaient l'occasion d'évacuer, ils l'ont fait et sont revenus parce que selon eux, le lieu d'évacuation, quoique très adéquat, ne remplaçait pas le domicile.

Le sentiment d'appartenance

Il ne faut pas négliger l'attachement et le sentiment d'appartenance d'une famille ou de tout groupe homogène.  On l'a vu durant la Crise du Verglas. Les gens sont restés chez eux, au froid glacial pendant 3 semaines. Toute proportion gardée, très peu de gens ont décidé d'aller se loger ailleurs. 

La Crise du verglas

Lors de la Crise du Verglas, les instances gouvernementales n'ont jamais ordonné l'évacuation malgré la très grande précarité des gens.Au mieux, ils ont suggéré aux gens sans chauffage d'évacuer. Il n'y eu aucune évacuation "légale" (dans le sens où la population est obligée de quitter les lieux).

Cetaines écoles furent ouvertes pour abriter ceux qui ne voulaient plus vivre dans leurs maisons devenues des igloos. Dans des conditions épouvantables: Les gymnases étaient remplis d'un brouillard causé par le CO2 expulsé par la respiration des gens. Les périodes fixes pour la prise de repas, les douches à l'eau tiède voire froide, l'absence totale d'intimité.
Oui, il y a pire dans le monde, mais pour des gens qui ont vécu dans le confort toute leurs vies, ce fut des conditions épouvantables.

Après cet épisode éprouvant pour près de 4 millions de québécois, on n'a pratiquement pas déploré de morts.
Comment se fait-il? 
Simplement parce qu'il n'y a pas eu d'évacuation!

L'exode de Paris en 1940

Quand il est devenu certain que les allemands arrivaient à Paris, il y eu un exode massif de la ville et de ses environs, sans compter les réfugiés belges et hollandais. Entre 8 et 10 millions de personnes fuirent les allemands!
Ils prirent la route à pied, à vélo, en voiture, en charette attellée à un cheval, en emportant ce qu'ils pouvaient, c'est-à-dire presque rien dans la plupart des cas, Hommes, femmes et enfants affrontant les kilomètres, le vol, les viols et les meurtres.

90 000 enfants furent littéralement des orphelins,les parents étant morts ou dispersés selon les données de la Croix-Rouge! Les morts se comptèrent par dizaines de milliers même si on ne sait toujours pas combien moururent durant cet exode. Ceux qui revinrent chez eux ont souvent retrouvé leurs domiciles pillés et vandalisés par d'autres fuyards. Tandis que ceux qui sont restés n'ont pratiquement rien subi sauf les malheureux dont la maison fut la cible de bombes perdues.

Dans ce cas-ci, l'évacuation fut un très mauvais choix.


L'ouragan Katrina

En 2005, l'ouragan Katrina atteint les côtes de la Louisianne. Toute la Louisianne se retrouve inondée, en particulier la Nouvelle Orléans.

 Des millions de personnes se retrouvent submergées. L'évacuation ordonnée, le stade local est rempli de réfugiés. Dans ce stade, malgré la surveillance policière, on a compté des centaines de viols, d'innombrables viols et plusieurs meurtres.
b5dc6b5cf846674abf2123703b1f990b.jpgHors du stade, des bandes organisées agissant en mouettes pillèrent, volèrent et tuèrent.
Beaucoup de policiers abandonnèrent leurs postes, car ils ont eux aussi une famille à protéger.
Ceux qui restèrents avaient la plupart du temps des armes pour se protéger. Les mouettes évitaient généralement les habitants armés, car comme tout le monde, ils préférèrent vivre plutôt que risquer leurs vies pour un peu de nourriture.

Encore cette fois, les immeubles qui pouvaient être pillées le furent.
Des policiers ont agi en mouettes, se mettant "à leur propres comptes" pour obtenir de la nourriture et plusieurs furent impliquées dans des fusillades sur des civils désarmés.

Pour cette catastrophe, peu importe si on évacuait ou pas, la situation était tout aussi catastrophique. Toutefois, rester sur place comportait un léger avantage du fait que le risque de perdre la vie ou de subir un viol était moins élevé.

Alors quoi faire?

C'est à chacun de décider d'évacuer ou pas. Toutefois, si on évacue, il faut tenir compte de plusieurs facteurs qui ont été cités au début afin de bien choisir ce qu'on apporte:

Le nombre à évacuer.

C'est le premier facteur qui décidera de la quantité de matériel qu'on devra emporter.

La durée de l'évacuation

Il faut non seulement tenir compte de la durée prévisible de l'évacuation mais il faut ajouter le temps qu'on prendra à évacuer. Car nos besoins en route ne sont pas les mêmes que dans un lieu d'évacuation.
Par exemple, si on a déjà prévu un lieu (chalet, terre etc), on aura certainement prévu du papier de toilette, du savon, des réserves de nourriture etc. Ce qu'on n'aura pas en route si on ne l'apporte pas avec soi.

Les animaux domestiques

Certains ont des animaux qu'ils considèrent comme des membres à part entière de la famille. Il est hors de question pour eux de s'en séparer et c'est compréhensible.
Si on évacue vers des lieux prévus par les autorités, il est possible que les animaux soient refusés.
Les chiens ont besoin de beaucoup d'eau et à des intervalle très courts, il faut en tenir compte. et les chats, de par leur nature vagabonde, doivent être tenus en cage ou en laisse. Si on doit se dépalcer furtivement, ces animaux vont presque à tous les coups trahir votre présence par leurs miaulement ou leurs jappements.

Les besoins particuliers

Certains ont des médicaments à prendre, des femmes peuvent être enceintes, une personne peut être blessée ou malades. Certaines personnes soufrrant d'un handicap non apparent, comme les autistes par exemple, peuvent avoir besoin d'objets particuliers. Quand on y pense, la liste est longue!

Le lieu d'évacuation

Partir sans avoir préalablement défini un lieu d'évacuation où on est certain de trouver un refuger mène à la catastrophe. Il est loin d'être certain que vous trouverez un inconnu compatissant qui acceptera de vous accueillir, même si le Québec est reconnu pour son hospitalité.
On n'a qu'à voir comment s'est passé la crise de 1929 pour voir que l'hospitalité est loin d'être acquise.

La distance vers le lieu d'évacuation

Peu importe le moyen de transport choisi, assurez-vous que vous serez capables de vous y rendre! Durant l'exode de Paris, nombreux furent ceux qui durent abandonner leurs voiture, n'ayant plus de carburant. Nombreux furent ceux qui abandonnèrent des vêtements, des objets de valeurs car ils étaient trop encombrants.

Les routes à suivre et les toutes alternatives

On doit obligatoirement avoir déjà préparé l'itinéraires vers le lieu d'évacuation. On doit aussi préparer des routes de secours au cas où l'itinéraire d'origine n'est plus utilisable.

Évidemment, prévoir l'énergie nécessaire pour s'y rendre en tenant compte d'un retard probable considérable: essence, diésel, nourriture à haute teneur en calorie etc...

Les vivres et l'eau

Évidemment, il faut disposer de sufisamment de vivre et d'eau. Non seulement pour la durée du déplacement, mais aussi en tenant compte des retars inévitables et d'un temps raisonnable une fois arrivé au lieu d'évacuation, histoire de ne pas avoir à déterrer immédiatement vos vivres si c'est une précaution que vous aviez prévu. Vous serez possiblement épuisés à l'arrivée, ce n'est pas le temps de devoir faire des efforts supplémentaires pour trouver la nourriture.

Quoi emporter en plus?

2922d38eacab2ee52d35c91cb9091a60.jpgÀ chacun de défnir ce que contiendra le sac d'évacuation. Chaque personne est apte à réfléchir sur le sujet et à établir une liste.

Mais il est suggéré d'emporter le plus possible. Si un famille a accès à une remorque, qu'elle la remplisse de toute ce qui peut être utile et même de l'inutile, car ce qui est inutile pour vous peut l'être pour d'autres et sera l'occasion d'échanger ou de dons dans le but d'établir des contacts utiles.

Si on se prête à l'exercice, on constate rapidement qu'une évacuation à pied est pratiquement impossible pour une famille: nous avons trop de choses à traîner, ne serait-ce que les vivres. Un enfant de 3 ans ne peut porter sa charge de vivres. Un bébé encore moins. 


Et si on a trop de choses à emporter?

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Alors il vaut peut-être mieux rester sur place. Dans presque tous les cas d'évacuation forcées ou spontanées, ça a été une mauvaise idée (voir Katrina et l'exode de Paris).
Il faut bien entendu exercer son jugement. Rester dans un endroit ou les mouettes tiraillent à qui mieux mieux n'est pas un bon choix!
Lors de la Crise du Verglas, les zones sinistrées étaient restés très sécuritaires et même mieux qu'avant, du fait de la surveillance policière accrue. Mais cette sécurité s'est imposée uniquement à cause du grand nombre de personnes qui étaient restées sur place.

En conclusion

Il faut se préparer à tout scénario. Plusieurs ne pensent qu'à un type de catastrophe, prétextant que les autres types n'arriveront pas. Mais une des caractéristiques des catastrophes, c'est qu'elles sont imprévisibles.
Ne compter sur personne. Dans toutes les catastrophes, les gouvernements ont été bien en dessous des attentes des sinistrés. Ils ne sont pas préparés et n'ont pas l'infrastructure pour intervenir.
Mis à part la Russie, qui dispose de réserves alimentaires de 2 ans pour tous les citoyens de ce pays et Cuba qui a aussi des réserves  (durée inconnue), il n'y a pratiquement aucun autre pays qui ne dispose de réserves de nourriture. Pour le pétrole, chaque pays en dispose par contre!
Ni les gouvernements, ni les voisins ne vous aideront. C'est à vous de vous aider vous-mêmes!